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La vignette automobile va-t-elle vraiment revenir ? Pas à court terme. Dans un rapport de septembre 2026, le think tank Institut mobilités et transitions (IMT) propose une redevance annuelle de 30 à 910 € sur la détention d’un véhicule. Elle s’inspire de l’ancienne vignette et compenserait la baisse des taxes sur les carburants. Aucun texte n’est adopté.
L’essentiel à retenir
- La redevance est une proposition de think tank, visée à partir de 2030. Ce n’est pas une mesure du gouvernement.
- Le montant irait de 30 € (ménage très modeste, petite électrique) à 910 € (ménage aisé, gros thermique ancien).
- La fiscalité routière a rapporté 67,5 milliards d’euros en 2025. Le manque à gagner pourrait atteindre 22 milliards en 2035.
Un rapport de l’IMT propose une redevance annuelle inspirée de l’ancienne vignette
Une proposition de think tank, pas une décision du gouvernement
Un think tank formule des idées. Il ne fait pas la loi. L’IMT se présente comme indépendant et dédié à la transition écologique dans les transports. Selon Notre Temps, le rapport publié en septembre a été relayé par RMC Conso le 7 octobre 2026. Il décrit une redevance sur la détention d’un véhicule, entièrement numérisée. Aucun autocollant ne serait à coller sur le pare-brise.
Le Revenu rappelle le 30 septembre 2026 que la piste vise une application à partir de 2030. Le magazine précise que cette taxe reste une proposition, pas une mesure gouvernementale adoptée.
Une vignette de 1956 à 2001, et un retour qui passerait par la loi
L’ancienne vignette a été obligatoire de 1956 à 2001. Chaque année, les automobilistes la collaient sur leur pare-brise. Elle a été supprimée pour les particuliers en 2001.
Un tel impôt se crée ou disparaît par la loi de finances : le gouvernement propose, le Parlement vote. Le retour d’une redevance suivrait le même circuit. À ce jour, la proposition de l’IMT n’a donné lieu à aucune mesure adoptée.
De 30 à 910 € par an : ce que votre profil de conducteur changerait au montant
Motorisation, masse, lieu de fabrication : les critères liés à la voiture
Selon Notre Temps, l’IMT imagine un tarif qui varie selon les caractéristiques du véhicule :
- Motorisation : un modèle électrique et un modèle thermique ne paieraient pas la même somme.
- Masse : le haut de la fourchette concerne un thermique très lourd.
- Lieu de fabrication : le bas de la fourchette cite un véhicule assemblé dans l’Union européenne.
Revenu, lieu de résidence, nombre de véhicules : les critères liés au foyer
Trois critères dépendent du ménage : son revenu, son lieu de résidence et le nombre de véhicules qu’il détient. Les deux exemples publiés opposent une zone périurbaine ou rurale à un centre-ville. Un foyer des Landes et un foyer du centre de Bordeaux pourraient donc payer des sommes différentes pour ce seul motif.
- Paieraient le moins (30 € par an) : un ménage très modeste, avec un seul véhicule électrique léger assemblé dans l’UE, en zone périurbaine ou rurale.
- Paieraient le plus (910 € par an) : un ménage parmi les 20 % les plus aisés, en centre-ville, avec un thermique très lourd et ancien, et d’autres véhicules.
Les montants intermédiaires ne figurent pas dans les éléments publiés. Impossible, dès lors, de chiffrer votre propre cas.
Pourquoi l’État s’inquiète : 67,5 milliards d’euros de recettes et un manque à gagner de 22 milliards en 2035
| Indicateur | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Recettes de la fiscalité routière, 2025 | 67,5 milliards d’euros (environ 940 € par véhicule) | Notre Temps, 7 octobre 2026 |
| Accise sur les carburants, 2025 | environ 27,7 milliards d’euros | Le Revenu, 30 septembre 2026 |
| Poids dans les recettes publiques | 5,6 % en 2019, 4,6 % en 2025, 3,4 % prévus en 2035 | IMT, via Notre Temps |
| Manque à gagner annuel | 8 milliards d’euros dès 2030, 22 milliards en 2035 | IMT, via Le Revenu |
| Perte nette sur les carburants des véhicules légers, 2019 à 2030 | 4,1 milliards d’euros | Étude de la Direction générale de l’énergie et du climat, via Le Revenu |
Les véhicules électriques représentent près de 40 % des nouvelles immatriculations, d’après Notre Temps. Ils n’achètent pas de carburant : moins de litres vendus, c’est moins d’accise perçue (la taxe incluse dans le prix du litre).
L’électrique n’explique pourtant pas tout. Une analyse citée dans le débat public attribue environ la moitié du manque à gagner à l’absence d’indexation des accises sur l’inflation.
Vignette, Crit’Air, attestation d’assurance : ce qui est obligatoire aujourd’hui et ce que vous payez déjà
Vignette, Crit’Air, assurance et redevance de l’IMT : ne les confondez pas
Le mot « vignette » désigne plusieurs documents très différents. Ce tableau fait le point sur chacun.
| Document | Situation actuelle | Utilité |
|---|---|---|
| Vignette automobile (impôt annuel) | Supprimée pour les particuliers en 2001 | Financer l’État, sans lien avec l’assurance |
| Vignette Crit’Air | Exigée dans les zones à faibles émissions (ZFE), pas partout | Classer le véhicule selon ses émissions polluantes |
| Attestation d’assurance | L’assurance reste obligatoire ; le papier à coller a laissé place à un fichier alimenté par l’assureur | Prouver que le véhicule est assuré |
| Redevance de l’IMT | Proposition, non adoptée | Compenser la baisse des recettes sur les carburants |
Pour savoir si vous pouvez rouler sans Crit’Air, tout dépend de votre trajet : hors ZFE, la question ne se pose pas. Notre guide de la vignette Crit’Air détaille les classes et les zones concernées.
Ne la confondez pas non plus avec la vignette belge. Annoncée le 10 juillet 2026, elle coûterait de 90 à 125 € par an et s’appliquerait à partir du 1er mai 2027 sur le réseau routier belge. Selon Ouest-France (23 juillet 2026), les trois régions doivent encore l’approuver.
Carte grise, malus, taxes sur les carburants, véhicules de société : la fiscalité déjà en place
Un automobiliste paie déjà plusieurs prélèvements :
- Carte grise : une taxe à l’immatriculation, dont le montant dépend du véhicule. Voyez le coût de la carte grise pour une électrique.
- Malus : une taxe à l’achat de certains véhicules.
- Accise sur les carburants : la principale composante de la fiscalité routière, avec environ 27,7 milliards d’euros en 2025.
- Taxes sur les véhicules de société : elles pèsent sur les entreprises qui détiennent des flottes.
Les éléments publiés présentent la redevance comme une compensation de la baisse des recettes de carburant. Ils ne mentionnent la suppression d’aucune taxe existante.
Du rapport à une taxe réelle : le chemin politique et la question d’attendre avant d’acheter
Présidentielle de 2027, loi de finances, vote : les étapes à franchir
- Rapport de l’IMT : publié en septembre 2026, c’est la seule étape franchie.
- Débat public : les candidats à la présidentielle de 2027 ou le gouvernement peuvent reprendre l’idée dans leur programme. Rien ne l’indique à ce jour.
- Projet de loi de finances : la redevance devrait y figurer pour exister.
- Vote du Parlement : il tranche et peut modifier les montants comme les critères.
- Mise en place du système numérique : la piste évoquée par Le Revenu vise 2030.
Les étapes 2 à 5 restent en attente. Aucune date n’est confirmée.
Électrique ou thermique, neuf ou d’occasion : acheter maintenant ou patienter
Retarder un achat pour cette seule raison ne se justifie pas. Rien n’est voté, l’échéance évoquée est 2030 et les critères restent incertains. Dans le scénario de l’IMT, le montant le plus bas vise un électrique léger, le plus haut un thermique lourd et ancien. Votre propre facture dépendrait aussi de votre revenu et de votre lieu de vie.
Choisissez plutôt selon vos trajets (rocade bordelaise au quotidien ou routes des Landes le week-end) et votre budget. Pour comparer les options, consultez notre guide sur la motorisation à choisir et le point sur l’aide à l’achat électrique.
La vignette automobile va-t-elle vraiment revenir ? Seule une loi de finances votée par le Parlement le dira, et ses critères définitifs seraient connus avant toute application. Pour comparer des véhicules en attendant, les équipes Automalin de Mérignac et d’Anglet peuvent vous conseiller.
Sources : Notre Temps (7 octobre 2026), Le Revenu (30 septembre 2026), Ouest-France (23 juillet 2026).




