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GAC annonce un rendement de pointe certifié de 99,03 % pour son moteur électrique Quark 2.0, déjà produit en série et monté sur des Aion et des Hyptec. Son stator en alliage amorphe laisse moins de 1 % de l’électricité se perdre en chaleur. Reste à savoir si ce niveau vaut au quotidien.
L’essentiel à retenir
- Un matériau jusqu’ici réservé aux laboratoires et à l’aérospatiale entre dans des voitures de série : c’est la vraie nouveauté industrielle.
- Le gain porte sur la chaleur perdue et la consommation du moteur, pas sur une autonomie qui bondirait à elle seule.
- Le chiffre annoncé vaut pour le point de fonctionnement idéal. Le rendement en usage réel reste à mesurer.
Quark 2.0 : GAC certifie 99,03 % de rendement de pointe
Le rendement de pointe désigne le meilleur score du moteur, atteint à un régime et à une charge précis. Ce n’est pas une moyenne. GAC indique que ce chiffre est certifié, et que le Quark 2.0 n’est plus un prototype : il sort déjà d’usine pour équiper des modèles Aion et Hyptec.
Ce statut change la portée de l’annonce. Un record de laboratoire reste une curiosité technique. Un moteur de série doit tenir les coûts, les cadences de fabrication et la fiabilité. Autrement dit, la prouesse est autant industrielle que physique.
Un stator en verre métallique de 25 microns contre l’acier au silicium
Le stator est la partie fixe du moteur, celle qui crée le champ magnétique tournant. Celui du Quark 2.0 est fait d’un alliage amorphe, un « verre métallique » épais de seulement 25 microns. Ses atomes sont rangés sans ordre, à l’inverse de l’acier au silicium classique. GAC lui attribue des pertes magnétiques presque deux fois plus faibles.
La raison tient au magnétisme. D’après un cycle d’hystérésis très étroit, décrit par un fabricant chinois de transformateurs, l’alliage amorphe demande très peu de puissance pour se magnétiser. Cette fiche parle de transformateurs, pas de moteurs. Le principe physique est le même : moins d’énergie gaspillée à chaque inversion du champ.
| Critère | Alliage amorphe (Quark 2.0) | Acier au silicium classique |
|---|---|---|
| Structure des atomes | Désordonnée (verre métallique) | Ordonnée (cristalline) |
| Composition | Fer, bore et autres éléments | Fer allié au silicium |
| Pertes magnétiques | Presque deux fois plus faibles | Niveau de référence |
| Usage avant le Quark 2.0 | Laboratoires et aérospatiale | Moteurs de série |
Ce tableau explique pourquoi le matériau restait rare : l’alliage se coule en rubans par refroidissement très rapide, un procédé plus exigeant que celui de l’acier habituel. Le faire passer en série est le véritable exploit.
Moins de chaleur perdue : l’effet pour un conducteur d’Aion ou Hyptec
Une perte d’énergie dans un moteur se transforme en chaleur. En perdre moins, c’est donc moins de chaleur à évacuer et plus de courant utilisé pour faire rouler la voiture. Prenons un calcul simple : sur 100 kWh qui entrent dans le moteur, moins de 1 kWh part en chaleur au meilleur point de fonctionnement.
Pour le conducteur, l’effet reste discret. Ce gain se glisse dans la consommation, sans se voir sur le tableau de bord. L’autonomie dépend aussi de la batterie et de l’aérodynamique, comme le détaille notre article sur l’autonomie à 1000 km.
Un clin d’œil à la rocade bordelaise s’impose. Dans les bouchons de Mérignac, un moteur tourne à bas régime et ne passe presque jamais par son point idéal. Ce raisonnement est le nôtre : le rendement annoncé s’applique d’abord aux conditions où le moteur est le plus à l’aise.
Rendement de pointe ou rendement réel : ce qui reste à vérifier
Le Quark 2.0 marque un tournant industriel : un matériau de laboratoire est désormais fabriqué en série. Parler de rupture pour l’efficacité des voitures électriques est plus délicat. Un rendement de pointe ne dit rien de ce que le moteur donne à basse vitesse, en côte ou à pleine charge.
Trois éléments trancheront la question :
- La courbe de rendement complète du moteur, sur toute sa plage de régimes et de charges.
- Des mesures de consommation en usage réel sur les Aion et Hyptec équipées.
- L’adoption par d’autres constructeurs, qui montrerait que l’alliage amorphe tient ses promesses à grande échelle.
Si vous préparez l’achat d’une électrique, le point sur les aides à l’achat en 2026 pèsera plus lourd sur votre budget que quelques points de rendement moteur.




